Nous sommes à 30 jours des élections de mi-mandat du 3 novembre. La Chute Hebdo c’est chaque dimanche votre rendez-vous pour revenir sur l’essentiel de l’actualité politique US. Et vous alerter sur ce qu’il faut suivre dans les prochains jours.
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ON THE ROAD AGAIN…
J’ai hésité longtemps avant de choisir l’histoire qui a fait, selon moi, l’actualité de la semaine passée.
Pendant longtemps, dans ma liste, on trouvait en bonne place l’audition de Jack Smith. Et pas seulement pour la miteuse — et dangereuse — tentative de piège tendue par le sénateur Schmitt.
J’avais prévu de faire un parallèle entre le traitement du dossier Epstein et celui des dossiers de Jack Smith. Autour du 6 janvier, mais aussi autour de son enquête encore classée secrète sur les documents de Mar-a-Lago.
Cela ne sera donc pas pour aujourd’hui, mais précisons que ce secret est de la seule volonté décisionnelle de la juge Cannon. Ce qui est un vrai scandale, que l’on traitera lorsque la campagne nous en offrira le loisir.
J’ai finalement opté pour Trump, qui vient de se lancer dans un double pari :
- refaire en 2026 le coup de 2024 et passer ses journées entre le Montana, l’Alabama, le Texas et le Nevada ;
- motiver sa base pour limiter les dégâts le 3 novembre, et tenter de sauver au moins le Sénat.
Les premières étapes démontrent déjà les limites du genre. Manifestants à l’extérieur, salles loin d’être complètes même en plein cœur de territoire MAGA (Sweet Home Alabama), difficultés à enchaîner liées à l’âge du capitaine et inquiétante diminution de la taille des lieux. Ainsi, son discours de samedi dans l’Ohio était dans la salle de sport d’un… lycée. Et, comme dans l’Alabama, elle n’était pas pleine.
Le discours est aussi intéressant. Trump cultive son image d’incontrôlable de la politique américaine. Son fond de commerce depuis 2016. Mais comment incarner la chose lorsque l’on a tous les pouvoirs ? En optant de plus en plus systématiquement pour un langage grossier. Y compris, d’ailleurs, pour parler des candidats… qu’il vient soutenir !
Mais soyons clairs : toute l’entreprise est électoralement extrêmement risquée.
Un constat que fait aussi James Fishback, candidat républicain pro-DeSantis battu aux primaires :
« Un président qui affiche le plus bas taux d’approbation de l’histoire et qui vous demande de voter comme s’il était lui-même sur le bulletin de vote, c’est une stratégie insensée pour gagner. »
La remarque est juste, mais Trump n’en a rien à faire : il est persuadé qu’il va réussir à trouver des électeurs qui, par amour, iront voter pour lui malgré son terrible bilan.
À un mois des midterms, les données démontrent exactement le contraire.
Comme le remarquait Nate Cohn, le sondeur vedette du New York Times : cette année, les fameux low-propensity voters choisissent les candidats démocrates.
On reparle de tout cela dans environ deux semaines où les données du vote par anticipation et du vote par correspondance devraient nous offrir une vision plus claire de l’humeur de l’électorat US.
PLEIN LES POCHES
Samedi, le New York Times a publié une extraordinaire enquête qui, en temps normal, aurait entraîné la chute de l’administration Trump.
Un scandale qui sera, j’en suis certain, au cœur des questions des démocrates s’ils prennent le contrôle de la Chambre !
Les négociations américano-russes sur l’Ukraine incluent désormais un rachat d’actifs pétroliers de Lukoil, porté par un groupe d’investisseurs liés à l’entourage de Trump.
Oui, vous avez bien lu. Les pourparlers sur la fin de la guerre se sont élargis à la cession des actifs internationaux de Lukoil (champs pétroliers, raffineries, stations-service).
Au total il s’agit d’une opération de plusieurs milliards pilotée, d’un côté, par Vladimir Poutine et, de l’autre, pour Trump, par Steve Witkoff et Jared Kushner.
Parmi les investisseurs, on retrouve Todd Boehly, le copropriétaire des Dodgers. Un des financiers des campagnes de Trump qui, en décembre dernier, au moment où les négociations s’accéléraient, a signé un chèque de 1 million de dollars au bénéfice de MAGA Inc, la PAC de Trump.
Il y a aussi les frères Moutaz et Ramez Al-Khayyat et le cheikh Tahnoon (Émirats arabes unis). Ces noms vous sont peut-être familiers puisque je les ai évoqués plusieurs fois dans l’émission. Ils sont partenaires immobiliers des fils Trump, de Jared Kushner et d’Ivanka.
Mais aussi, avec Trump, Kushner et Witkoff, actionnaires de World Liberty Financial, la boîte crypto de tout ce beau monde.
Tandis que les Ukrainiens périssent sous les bombes, la Maison Blanche et le Kremlin font donc des affaires.
Comme toujours : Follow the money…
LA DÉCISION
Pour cette semaine qui arrive, au-delà de la campagne des midterms, on va se tourner vers le Moyen-Orient, avec un œil sur l’Iran et un autre sur le Yémen.
Il y a quelques semaines, le professeur Robert Pape écrivait que les premières semaines d’octobre seraient celles de la décision pour Trump.
Sur le terrain politique, du côté de Washington, les événements semblent lui donner raison.
Ainsi, vendredi, tandis que Trump était en campagne, réunion au sommet à Camp David.
Autour de JD Vance, il y avait Hegseth, le patron de la CIA, des membres de l’état-major…
La dernière fois que ce groupe s’est rassemblé ? Quelques jours avant le début de la guerre entre Israël et l’Iran, qui avait débouché sur l’opération Midnight Hammer et ses bombardements de sites nucléaires.
Autre sujet à suivre (et qui sera l’un des prochains indiscrets) : l’entrée de SCOTUS dans la campagne. Au profit de… Donald Trump.
Mais attention, pas dans le cadre d’une décision. Autre chose.
C’est promis, je vous raconte très très vite !
William Reymond - 4 octobre 2026
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ON THE ROAD AGAIN...
Là encore, je partage pleinement ton analyse, William.
Le pari de Trump me paraît effectivement particulièrement risqué : vouloir transformer les midterms en un nouveau référendum sur sa personne peut mobiliser sa base, mais aussi — et peut-être davantage — tous ceux qui veulent sanctionner son bilan.
Les salles moins remplies même en territoire MAGA -comme on le voyait hier dans La Chute en Alabama-, constituent à ce titre un signal intéressant, même s’il faudra attendre les chiffres du vote anticipé pour mesurer réellement la dynamique.
Le 3 novembre pourrait finalement montrer les limites de cette stratégie du “tout Trump”.
Nous attendons tous cette soirée devant La Chute avec impatience...
Merci William pour cette analyse et cette mise en perspective 🙂
Et... toujours - Espoir et résistance 🌊 🌊 🌊
Is sont vraiment POURRIS jusqu’à la moëlle du côté de Trump et ses alliés! Les ultra riches sont une classe à part, ils ne s’intéressent qu’au profit personnel et nous détruiront tous sans aucun remords pour quelques dollars de plus!