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LE PROTECTEUR
Il existe un mystère à Washington encore plus épais que celui de la coiffure de Donald Trump :
Pourquoi Peter Brian Hegseth est-il toujours à la tête du Département de la Défense ?
Vous remarquerez au passage que j’ai écrit « Défense » (DoD), puisque le terme de « Département de la Guerre » (DoW) utilisé par l’administration Trump n’a pas été approuvé par le Congrès, seul habilité à changer le nom d’un ministère.
Depuis sa nomination compliquée et chaotique à la tête du Pentagone, Hegseth a attiré les scandales les uns après les autres.
Le Signalgate, la tentative de poursuivre les élus démocrates, anciens militaires, qui ont rappelé que l’on ne devait pas obéir à un ordre illégal, les renvois de femmes et de Noirs parmi l’état-major, les survols à basse altitude de lieux publics, ses tournées à travers le pays, la disparition des pièces secrètes d’un F-35…
Sans oublier la gestion de la désastreuse guerre en Iran. Mensonges sur le bilan humain, bombardement de l’école de Minab, attaque avortée à la dernière minute contre un navire chinois, guerre contre la presse, passage au détecteur de mensonges d’une partie de son état-major, démissions, état préoccupant des stocks de munitions.
Et puis aussi le scandale des conditions à bord de l’USS Lincoln, où huit marins ont tenté de se suicider.
J’en oublie certainement, mais vous avez compris l’idée : Hegseth aurait dû être viré depuis très longtemps.
L’ancien chroniqueur de Fox News est toujours en place parce qu’il dispose de la protection d’un des personnages les plus puissants de la Maison-Blanche.
Pas Trump — on remarquera au passage qu’Hegseth est un maître absolu dans l’art du compliment au leader suprême. Ce qui l’aide.
Non, le vrai protecteur est un homme de l’ombre.
Hegseth dispose du soutien et de la protection de… Stephen Miller, l’architecte de Trump 2.0.
Un soutien qui n’est pas lié à une vieille amitié, mais à un pacte entre les deux hommes.
Hegseth fait tout ce que Miller lui demande et, en échange, Miller le protège.
Et ce que veut Miller, c’est la collaboration de l’armée américaine dans ses opérations anti-immigration.
Les frappes illégales contre les bateaux de pêche au large du Venezuela ? Une demande de Miller, immédiatement validée par Hegseth.
L’utilisation de l’armée américaine sur le territoire américain, comme ce fut le cas à Los Angeles ? Idem.
La protection des frontières en collaboration avec la Border Patrol et l’ICE ? Un oui franc et massif !
Du coup, on va regarder avec impatience comment va résister le duo au retour de la Chambre le 9 novembre prochain.
Les représentants, en pleine session lame-duck, auront moins de 48 heures pour voter la demande de destitution déposée par Thomas Massie.
Un impeachment que souhaitent 47 % des Américains.
L’ÉQUATION TRUMP
Au-delà d’Hegseth, il y a une autre question qui fait le tour de Capitol Hill.
Une équation, en fait.
Qui ressemble à ça :
x = 40 jours avant les élections du 3 novembre
y = Trump a promis qu’il ferait campagne dans 35 districts clés, dont du côté de l’Alaska
z = il a même ajouté, lors de la convention de Dallas, qu’il avait prévu de venir trois ou quatre fois au Texas.
Donc comment faire Y + Z alors que X ?
Au-delà des maths, l’absence de Trump sur le terrain démontre son impopularité, le fait qu’il est devenu un boulet pour les républicains, et aussi, certainement, son âge.
En 2018, sur la même période, Trump avait effectué 17 meetings. Cette année ? Douze, si l’on compte ses 3 étapes à Las Vegas qui, en réalité, ont surtout servi à venir lever de l’argent.
THE LONE STAR
Vendredi, on regardera avec impatience du côté du Texas alors que Texas Public Opinion Research (TPOR) publiera son nouveau sondage sur la course Talarico-Paxton et Hinojosa-Abbott.
L’institut spécialisé dans la politique du Lone Star avait publié une enquête fin août où Talarico avait 6 points d’avance (48-42) et où Abbott dominait avec 49 % contre 42.
À suivre…







Quel suspens permanent, mais qui a écrit le scénario de ce feuilleton très prenant ? 🤣
J’adore ces indiscrétions écrites avec une plume acérée . Incroyable qu’il y ai toujours autant d’événements pour alimenter ces rubriques ! On a pris un sacré rythme depuis janvier 2025 mais on a l’impression que ça s’accélère de plus en plus.